À la fin de l'année dernière a eu lieu la Partim 500, un petit événement informel où les participants doivent écrire une fiction interactive hypertexte de 500 mots. Cette année, le thème était « détours ». J'ai joué à ces fictions interactives, voici ce que j'en ai pensé. Comme elles étaient courtes, mes commentaires ne seront pas longs non plus.

Mille Détours (EdgarLude)

Mille Détours commence comme une parodie d'un certain jeu vidéo ayant pour héros un plombier moustachu. Cependant, ceci n'est finalement qu'une façade.

En effet, les choix et les thèmes abordés sont plus profonds qu'il n'y paraît au premier abord. L'écriture est elle poétique, voire même un peu nostalgique. La fin est assez marquante, surtout compte tenu de la longueur de l'œuvre.

L'ambiance était donc très réussie et j'ai vraiment apprécié cette fiction interactive. En fin de compte, je ne suis pas sûr de saisir l'utilité des références à Mario au départ, mais elle ne gâchent rien non plus.

Vérité (Aloïs)

Vérité prend la forme d'une sorte de petit dialogue surréaliste et philosophique, succession de questions et de réponses.

Il n'y a pas grand-chose à faire, il n'y a pas vraiment de scénario, on se contente d'essayer tous les liens pour découvrir tout le texte.

Le texte est quand même bien écrit et possède un style particulier qui aide à l'atmosphère.

Des Tours (Elastico-Gadget)

Des Tours commencent avec une petite introduction expliquant l'intrigue : un père doit arriver à temps au mariage de sa fille, qui se déroule dans un lieu paumé de France. Le GPS lâche, il va falloir trouver l'itinéraire soi-même.

Au final, cette histoire n'est qu'un prétexte pour un simple mini-jeu. Un menu est présenté, permettant de choisir quelle ville (ou plutôt village) sera la prochaine étape, et la distance de la destination est indiquée à sa suite. Parfois on s'éloigne, parfois on s'approche, mais aucun moyen de le savoir avant de choisir sa destination. Le jeu se réduit donc à une suite d'essais-erreurs où il faut trouver le chemin le plus rapide sans trop faire de détours. Rien de bien excitant.

La fin est analogue à l'introduction ; elle clôt le jeu comme une récompense (ou une « punition » si on arrive en retard).

Un point positif : les noms des différents villages sont rigolos et capturent l'essence du toponyme campagnard (je ne suis pas allé jusqu'à vérifier s'ils existaient véritablement). La fin aussi est humoristique.

Détours d'elle (Merlinpinpin)

Le joueur est en présence d'une femme. Ils sont tous les deux assis, contemplant l'horizon. On doit décider ce que l'on va faire : effleurer sa main, chantonner, ou autre chose ?

L'écriture est belle, l'atmosphère est particulière, on sent une certaine nostalgie. Le contexte de l'histoire n'est jamais clairement dit, mais ce qui est mentionné suffit à faire imaginer ce qui a bien pu se passer et à définir la personnalité des personnages.

J'ai apprécié.

Ad Augusta Per Angusta (Filiaa)

Ad Augusta Per Angusta prend la forme d'un poème épique grec. Tout est en vers, c'est bien écrit et assez mélodieux (mais était-ce censé être des alexandrins ? car ce n'est pas toujours le cas).

Ça raconte donc le périple d'un homme, qui part à l'aventure puis rentre chez lui. Bien sûr, cela va prendre au héros bien moins de temps qu'Ulysse, étant donné la contrainte sur le nombre de mots.

Attention cependant, il arrive que le héros meure au cours de combats, dont l'issue semble aléatoire. C'est malheureux, car ce n'est qu'en y rejouant lors de l'écriture de cet article que j'ai découvert que le texte était plus long que ce que j'avais pensé (j'étais mort systématiquement par malchance la première fois). Aussi, il y a un passage où passer la souris sur des mots les change, mais il n'y a pas moyen de le savoir si on ne le fait pas par inadvertance.

Globalement, j'ai bien aimé, et il s'agissait de la participation avec le plus de travail sur la présentation, avec une apparence évoquant une céramique grecque.

Des Tours de voiture (Tom Séguy)

S'il m'est difficile de choisir un favori, je sais que c'est Des Tours de voiture que j'aime le moins.

Je n'ai pas du tout accroché, que ce soit le ton ou l'histoire. Il y a également beaucoup de fautes de français. Je ne sais cependant toujours pas si cela a été fait exprès pour renforcer le côté parodique du texte.

Quoi qu'il en soit, peut-être que je ne suis simplement pas le public cible.

Un élément intéressant est que l'histoire n'est pas la même en fonction des choix. On se rend compte par exemple que le joueur n'est pas le même personnage selon le chemin pris. Comme s'il y avait plusieurs réalités différentes.

Coup de pouce (Balrog)

Je ne suis pas certain d'avoir tout compris sur Coup de pouce. Ça commence avec le personnage principal faisant de l'auto-stop, puis quelqu'un s'arrête pour le prendre.

Ensuite, la destination change en fonction des choix, mais il n'y a finalement rien de spécial qui se passe. En fait, je ne sais pas si c'est véritablement juste cela ou s'il y a un sens caché.

Il n'y a pas grand-chose de spécial à part cela. Je ne peux donc pas en dire beaucoup plus.

Détours et retours (Otto Grimwald)

Celle-là est hors compétition car elle fait mille mots. Le scénario est donc un peu plus fouillé. C'est bien écrit, le scénario — trois personnes doivent se rendre à une ville pour donner un concert — est bien amené.

Tout est raconté à la troisième personne (il n'y a donc pas de personnage-joueur) et les personnages sont bien étoffés en quelque lignes (je trouve que cet auteur est bon pour cela). Tout semble se passer dans une réalité alternative, où l'on utilise encore le calendrier républicain.

Tout cela m'a fait penser à une autre fiction interactive du même auteur, ce que la fin confirme (mais je ne dirai pas comment).

Une participation solide (mais hors-compétition !).

Antenne d'ailleurs (Feldo)

Celle-là aussi est hors-compétition, car l'auteur en est l'organisateur. Il s'agit de science-fiction un peu parodique. Tout semble un peu décalé et étrange, mais l'histoire dévoile petit à petit de quoi il en retourne.

Je n'ai pas trop apprécié que le fond soit un dégradé animé et que la police soit un peu difficile à lire. Je n'ai pas trop compris le lien avec le thème.

Néanmoins, cette participation est drôle et très plaisante à lire.

La Porte dans la forêt

Ici, pas de critique : il s'agit de ma participation ! Juste quelques mots sur sa réalisation.

J'ai écrit ça en une soirée ou deux, dans le simple but de participer. Je n'ai donc pas forcément pris le temps d'améliorer la présentation. J'ai utilisé le langage ink, qui est vraiment très agréable à utiliser (je recommande !).

Les différentes fins de l'histoire sont un peu abruptes. Blâmez la limite de 500 mots ! Cependant, j'ai écrit cette fiction interactive comme une mini-introduction à quelque chose de bien plus gros (surprise !) et je compte entre autre réutiliser les personnages.

J'espère quand même que ceux qui y ont joué ont apprécié. :)

Pour finir

On termine ici. Si vous n'avez pas encore joué aux participations de la Partim 500, foncez ! Ça ne prend pas de temps et certaines sont vraiment bien ! Et c'est amusant de voir comment chacun a exploité le thème (il y a quand même quatre participations qui parlent de voyage en voiture !).

Et bien sûr, j'accepte tout retour sur ma fiction interactive. Merci !

Et si jamais l'envie vous prend de participer cette année, n'hésitez pas.


Photo en bannière : Jens Johnsson