Couverture de Ma princesse adorée

C’est arrivé d’un coup. Un matin, en vous réveillant, vous vous étiez dit qu’il fallait que ça cesse. Assez de vous morfondre dans votre coin. Vous alliez oser une bonne fois pour toutes et faire la cour à la princesse. Et avec un peu de chance, elle serait séduite par votre charme.

Une autre fiction interactive historique aujourd’hui : Ma princesse adorée, de Hugo Labrande, est un jeu dont la première version a été écrite en deux heures et le seul — au moment de l’écriture de l’article — à avoir reçu le label qualité Mimèsis.

Cela signifie donc que sa qualité technique est censée être irréprochable, et sa réalisation, très soignée. Voyons si c’est bien le cas, et si cette fiction interactive possède d’autres qualités.

Séduire la princesse

L’histoire de Ma princesse adorée se déroule dans une ville type médiéval-fantastique, et le but est de trouver un moyen de séduire le personnage éponyme, inaccessible dans son château. Il n’est pas indiqué explicitement comment le joueur est censé y arriver, mais les étapes à réaliser sont amenées de manière naturelle au fur et à mesure ; on ne se sent jamais perdu.

Le jeu possède également un système de sortilèges rudimentaire. Rien d’extraordinaire, mais bien implanté : on obtient toujours des réponses satisfaisantes  lorsqu’on essaie de lancer un sort sur un objet insolite ou devant une personne.

Le thème romantique ne plaira pas à tous le monde, et le monde n’est pas très grand et fouillé, mais cela reste subjectif.

Une bonne rejouabilité

Il y a bien sûr plusieurs façons d’arriver à ses fins : où trouver l’argent pour acheter cet instrument tant convoité ? Comment attirer l’attention de la princesse et la rejoindre sur son balcon ? Attention cependant, certains dénouements pourraient être désastreux pour le personnage — mais très drôles pour le joueur.

On s’amuse donc à rejouer pour parcourir les différents cheminements possibles ; il est néanmoins dommage qu’il soit impossible de prévoir les conséquences finales de ses actes. Il faut donc pas mal d’essais-erreurs pour arriver à la bonne fin. Ceci est à relativiser cependant, car le jeu est assez court.

Enfin, les plus perfectionnistes pourront essayer d’atteindre le score maximal, même si cela n’est pas non plus très difficile. Certains trouveront peut-être répétitif de devoir refaire le jeu plusieurs fois, mais j’ai personnellement passé un bon moment.

Une réalisation exemplaire

Enfin, la grande question : le label est-il un gage de qualité ?

Le jeu est très bien réalisé : tous les objets évidents — ou moins évidents — sont implantés, je n’ai jamais reçu de réponse inappropriées… Mieux encore, l’auteur a pensé à beaucoup de situations possibles, ce qui fait qu’il y a plusieurs variantes pour une même réponse en fonction des circonstances.

L’écriture, quant à elle, est bonne. Ce n’est pas de la grande littérature, mais c’est bien écrit, drôle, sans fautes.

Je suis quasiment certain qu’il s’agit de la meilleure fiction interactive en français en terme de réalisation. On a donc au final un très bon jeu, surtout quand on considère que la version initiale a été écrite en deux heures. S’il n’obtient pas la note parfaite, c’est tout simplement parce qu’il ne s’agit pas d’un « grand » jeu, qui deviendrait instantanément un classique.

Conclusion

Les plus Les moins
  • Réalisation irréprochable ;
  • Plusieurs solutions aux énigmes, et plusieurs fins amusantes.
  • Aucun ? Peut-être que le thème ne plaira pas à tout le monde. Ce n’est pas non plus un « grand » jeu.
Note finale : 4/5